Y a pas de problèmes, juste des solutions...
Parfois, j'apprécierais un peu de repos. Pas grand-chose, hein, juste une journée sans catastrophe, où mon seul souci serait de ne pas oublier d'éteindre le feu sous la casserole. Et ce matin, on est loin de cette vision idyllique.
Alors moi, j'ai juste une question : comment on fait pour se rendre à la gare et prendre le train lorsqu'on est privé de vue, d'ouie et de jambes ? Ah non, pardon, le jeu n'est pas assez corsé, rajoutons les vomissements et évanouissements à gogo, juste pour rire. Quoi, ce n'est pas assez ? Bon, c'est bien parce que c'est vous mais je rajoute le petit must qui change tout, la traditionnelle et indémodable pulsion de mort.
Enfin, je ne sais pas si un psy appelerait ça ainsi. A vrai dire, vous ne pouvez pas savoir comme je m'en moque. Mon problème, mes mots, na !
Lucidité vs autodestruction, un combat épique.
Laissez-moi vous expliquer un peu. Je ne suis pas une suicidaire au sens "classique" du terme. Je ne vais pas rêver durant des heures à la meilleure méthode de me me foutre en l'air et je ne voue aucun culte à la mort. A vrai dire, j'adore la vie. Respirer un parfum, serrer un ami dans les bras, manger un hamburger, en vrac, voilà des choses dont je ne peux et veux me passer.
Mais parfois, et un brin trop souvent ces derniers temps, une violente envie de renoncer me tenaille. Tout en gardant la lucidité de me dire que ce n'est pas réellement ce que je souhaite, me voilà tentée par la vue d'une fenêtre placée au 3ème étage ou par des rails. C'est pénible, vous n'avez pas idée !
Non mais c'est vrai, quoi ! Quitte à avoir cette pulsion, j'aimerais autant la vivre "confortablement* et me dire que ça résoudra quelque chose de me foutre en l'air. Ben non, je ne fais rien comme tout le monde ! Alors on se bat avec les moyens du bord. On reste rationnelle. On va sagement vomir une fois de plus, on se met une chanson marrante dans l'oreille qui reste en état de l'écouter (dans l'autre, allez savoir, c'est nettement moins efficace !), on occupe ses petits doigts à autre chose qu'à tresser une corde... bref, on se secoue les puces.
C'est dans ces moments que je réalise le pouvoir de l'émotion débridée. Et que je mesure la chance incroyable que j'ai d'être pourvue d'assez de raison pour retenir le pire.
Mon pôpa dirait "il n'y a pas de problème, juste des solutions". Oui bah Papa, si tu l'as, la solution, je la prends sans hésiter. Je ne suis pas de ces gens qui aiment souffrir. Si je peux éviter, allez savoir pourquoi, je préfère.
Bon je vous laisse, un train à prendre. Parcours du combattant en prime. Et comme je préfère voyager dedans que dessous, il est temps d'arrêter de chouiner !