I'll be back ! Encore ? mais elle est péniiiible...

Publié le par medicaland.over-blog.fr

 

Me voilà de retour dans ce blog, et cette fois, pour de bon et définitivement. J'ai eu droit à mon quota de miracles ces derniers mois et me voilà enfin chez moi, prince charmant et travail en prime ! Je vous raconterai si vous êtes sages... en revanche, comme il n'y a personne ou presque qui m'a réclamé la suite du prédédent billet, j'attends d'être suppliée à genoux !

 

Bref, z'allez avoir trois billets pour le prix d'un...

Ah, et Chat, c'pour toi :p

 

Un brancard, une perfusion... Bien joué, vous avez deviné ! Me voilà partie pour vous narrer un récent séjour aux urgences qui, je crois, bat tous les records en bien des domaines. Précisons d'emblée que je n'y ai pas, cette fois, atterri pour un pur délire somatique né d'un cerveau toujours aussi farceur, mais bien pour un souci des plus physiologiques. Et le séjour m'a, pour le coup, laissée assez perplexe.

 

Après une prise en charge assez intensive et rapide, (ils me croyaient en train de faire une crise cardiaque... bon, elle s'attardait depuis plus de deux semaines, leur crise, m'enfin, je ne vais pas contrarier des gens qui s'occupent de moi !) me voilà installée dans un box, sur un joli brancard avec des draps tout propres. Ça a son importance, vous l'allez voir par la suite. Je ne vais pas commencer à râler tout de suite parce qu'ils ont oublié de me retirer les électrodes de l'électro-cardiogramme, ni parce que j'ai réellement très mal, on reprend simplement la routine des urgences : farniente et nausées.

 

Fidèle à mes habitudes, je sors le pop-corn et j'assiste au chouette spectacle de la vie du service. Et pour le coup, je suis servie ! J'entends rapidement un papy s'agiter sous l'effet de la douleur dans une cage voisine. Et si ls infirmiers accourent, c'est moins pour soulager sa souffrance que pour le menacer de l'attacher et le gronder. Je n'ai rien contre une remise en place d'un patient capricieux, notez ! Mais le choix entre le valium et la contention, j'avoue rester moyennement fan. Bref, cela aurait pu passer si je n'entendais pas également une jeune femme, elle déjà intimement reliée à son brancard, interpeller régulièrement et poliment les gens en blanc pour aller aux toilettes, boire, etc...

J'avoue que je tilte un peu : deux personnes attachées dans le service d'hospitalisation de courte durée des urgences, voilà qui n'est pas courant.

 

Quant au traitement qui m'est réservé, je ne l'apprécie guère plus : après un cathéter mal posé (en dehors des veines) et un lavement (le premier qui rigole se fera mordre violemment) qui part en chips, je suis obligeamment shootée à la morphine. Résultat des opérations ? Un délire nocturne de plusieurs heures sur les mérites comparés du zinc et de l'uranium, avant de vomir le tout au sol... et d'attendre trois heures la venue d'une infirmière, qui daignera enfin passer un petit coup de mouchoir.

 

Il est huit heures du matin, je souffre plus encore qu'en arrivant à l'hôpital, mes deux voisins sont toujours fixés à leur lit... et je commence à m'interroger sérieusement.

 

Attacher des gens, c'est pour moi, une mesure désespérée, quand tout le reste a échoué. Attacher une personne toute une nuit, ça ne devrait être permis que dans des cas encore plus exceptionnels. D'autant que là, les deux zigues étaient certes pénibles, mais semblaient lucides. Alors, pourquoi ? Parce qu'une garde de nuit, c'est épuisant, que les deux pauvres infirmiers sont seuls pour gérer souffrances, peurs et angoisses. Parce que c'est plus simple d'aller dans la barbarie ordinaire que de prendre le temps de se poser réellement avec les gens et de faire preuve d'empathie. Parce que... il y a cent raisons et à leur manière, aucune n'est mauvaise.Elles sont juste.. insuffisantes.

 

 

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mamie pahdoc 04/11/2011 08:24


et bien voici un billet qui me réjouit sur votre situation... un appart, un chéri, un travail... BRAVO


medicaland.over-blog.fr 12/11/2011 12:36



Merci Mamie... et vous, comment va ?



camille 01/11/2011 02:17


toujours terrible ce que tu racontes. Un "signe" de l'état de délabrement du service hospitalier... sous-emploiement = surmenage du corps soignant = mauvaise prise en charge des patients = mesures
d'urgence transformées en routine et service dépersonnalisé = maltraitance... voilà comment je vois les choses.


medicaland.over-blog.fr 01/11/2011 21:08



Il y a de ça, mais pas que... la "toute-puissance" du médcin joue aussi.