Et on remet ça...

Publié le par medicaland.over-blog.fr

 

Ma fille gazouille juste à côté de moi. Enfin, NOTRE fille, devrais-je dire, puisque mon cher et tendre est tout de même légèrement concerné par la venue en ce monde de la demoiselle. Et en plus, il change les couches (quand il ne se défile pas...) ! Bref. Lys (Nom modifié, bien entendu) a bientôt 6 mois. Elle pleure, elle rit, elle joue, elle dort... un bébé standard, en somme, sauf que c'est la nôtre et que, fort étrangement, pour nous, ça change tout. Et c'est pour elle que je dépoussière une fois de plus ce blog.

 

Non, je ne vais pas jouer les mamans gâteuses et vous inonder de photos plus ou moins navrantes d'un petit monstre baveux qui pour moi a tous les charmes possibles. Vous me connaissez, je déteste faire comme tout le monde ! Je vais donc vous snober superbement pour m'adresser directement à ma petite merveille qui couvre allègrement de bave son doudou.

 

Ma chérie,

 

Voilà quelques mois que, minuscule être même pas encore fichu d'articuler deux mots cohérents, tu as envahi ma vie et celle de ton papa. Et devine quoi ? On t'aime. Mais ce soir, faut qu'on cause : Tu ne nous simplifies pas la vie, tu sais... avec tes grands sourires, tes éclats de rire, tes râleries et tes exigences de ventre affamé à l'heure du biberon, tu nous charmes sans cesse et nous empêches de t'abandonner au sort qui semble s'esquisser pour toi à cause de gens qui ont dû un peu trop forcer sur le cidre de pays.

 

J'ai du mal à te porter de façon académique, un bras moins fort oblige. Toi, ça te fait marrer, tu attends que je te secoue ou tu te loves en confiance dans cet abri un peu malformé, selon ton humeur. En tout cas, tu sais et tu sens que tout va bien, que tu es en sécurité.

Eux, ils ont peur... de quoi ? Je suis handicapée, non une poupée de chiffons. Et tu sais quoi, ma fée ? Je ne les ai pas attendus pour adapter ma position et mes gestes à ta protection.

 

Je t'habille avec maladresse et, parfois, j'ai préféré t'entourer dans une couverture moelleuse et chaude pour te transporter en body entre deux endroits chauds quand l'automne n'était pas encore trop avancé. Tu n'as jamais bleui de froid, ni d'ailleurs trembloté mais dès que la dame qui t'accueillait en crèche m'a suggéré que cette méthode n'allait plus être praticable en raison des températures en baisse et du chauffage peu efficace de ses locaux, ton papa s'est attelé à la rude bataille matinale quotidienne contre toi pour te vêtir de manière plus conventionnelle. Reste la guerre des chaussettes qui fait toujours rage...

Et eux, ça les défrise, que de temps à autre, l'un de tes pieds se retrouve à nu. Ils nous reprochent de céder à ta volonté. Que celui à qui le bambin n'a jamais adressé un sourire innocent en agitant son pied sans son étui de tissu me jette la première pierre !

 

Je suis fatiguée en automne et en hiver. Pourquoi ? C'est une longue histoire, un corps toujours moins réactif à cette période, un cerveau pris par des souvenirs que je n'ai pas envie de chuchoter à ton oreille encore naïve et émerveillée par cette toute nouvelle vie que tu découvres. Mais être fragile ne signifie pas ne pas se battre contre ses faiblesses et chaque jour, même quand c'est dur, même quand j'ai mal à en pleurer, je lutte pour t'offrir mes plus beaux sourires, mes plus doux câlins... tu le sais, toi qui en profites sans vergogne pour m'attraper les cheveux et les recouvrir de salive, m'obligeant à voir l'instant présent comme un cadeau... un peu gluant ? Et quand parfois, c'est un peu trop dur, il y a ton papa qui prend soin de toi pendant que je ronfle pour reprendre des forces et ton parrain en prime, qui te veille si souvent avec tendresse.

Eux ont peur que, quand j'ai mal, quand j'ai froid ou que j'affronte mes démons, je te lâche la main. Faudrait leur dire que pour toi, trois personnes forment un cocon d'amour et de chaleur. Faudrait leur dire que ton papa n'a pas l'âme d'un chevalier que dans les parties de jeu de rôles et que ton parrain a sacrifié sa barbe à tes menottes malhabiles et ses heures de sommeil à tes pleurs et tes rires. Faudrait leur dire que ta maman, elle t'aime plus qu'elle n'aime se complaire dans un handicap et un passé douloureux.

Nous te confions à la voisine de temps à autre, parce que parfois, papa et moi avons besoin de nous retrouver, de respirer... mais aussi parce qu'entre cette adorable dame et toi, ça colle, ça colle fort. Tu la mitrailles de rires. Tu lui causes, de quoi ? Elle et tes parents n'en ont fichtrement aucune idée. Bref, chez elle tu es heureuse et en sécurité. Tu peux jouer avec ta copine de ton âge, tu te fais câliner par une demoiselle à peine plus grande que vous deux...

Eux, ils ont peur que la voisine te fasse du mal. Tu comprends, ce n'est pas une professionnelle ! Et si elle t'embrigadait dans une secte, si elle nous faisait du chantage ou... pire ? Un jour on leur apprendra les mots confiance et entraide entre amis. Tu te rends compte, ma chérie, comme il doit être dur de vivre sans ces notions ?

 

La liste des reproches qui nous sont adressés est encore longue et je n'ai pas envie de passer la nuit à en rire jaune. Disons simplement que rien n'est plus sérieux que ce que j'ai déjà raconté. Tu n'es pas battue (encore heureux ou je sortirais ma hache!), ni négligée. Nous sommes de jeunes parents et nous faisons forcément des erreurs. Navrée, pucinette, nous ne serons jamais parfaits et il y a fort à parier que plus tard, tu nous balances nos quatre vérités. Sache simplement que ça ne nous poussera pas plus que ça à t'offrir un scooter ou ta poupée préférée (oui, je sais, je m'y prends tôt mais sait-on jamais...) !

 

 

Alors voilà, « eux », c'est plein de gens, plein de gens qui voudraient faire ton bien malgré toi et malgré tes parents. Plein de gens qui ne savent pas mais croient savoir. Du moins ça c'est la théorie de base. Maintenant, on suspecte autant de malveillance que de bêtise. L'avenir dira si cette hypothèse-là se vérifie. En tout cas, eux, ils veulent t'envoyer en famille d'accueil. Eux, ils envoient un signalement au procureur. Eux, ils détruisent, nous espérons sans s'en douter, le bonheur que nous avons construit dans notre petite famille. Eux, ils ne te voient pas te lever tous les matins avec un sourire aux lèvres et t'endormir en serrant ma main ou celle de ton papa ou encore de ton parrain.

 

Eux, ce sont des professionnels... et c'est ça qui est effrayant. Mais ma chérie, mon amourette, ma petite grenouille, ma fée, on va encore se battre contre médecins, puéricultrices et gens de droit qui oublient que le premier des devoirs, c'est de ne pas nuire. Jadis, ta maman s'est heurtée à medicaland et à justicialand, un combiné des deux, ça ne va pas l'arrêter ! Surtout si c'et pour tes précieux sourires.

 

Ah euh, au fait... j'allais oublier un détail :

 

Je t'aime !

 

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