Educaland...

Publié le par medicaland.over-blog.fr

 

Il fait gris ce matin. Cela explique peut-être mon enthousiasme proche de celui du poulpe anorexique à l'idée de me lever, de vivre ma petite vie quotidienne... Mais, les amis, faut qu'on cause.

 

Je pense être une demoiselle assez conciliante. Lorsque je râle contre Médicaland (ou Justicialand, ailleurs et avant), c'est toujours en gardant à l'esprit que les choses arrivent pour plusieurs raisons. Un médecin, un avocat, ne sont pas forcément des monstres volontaires. Je pars du principe que tout le monde fait ce qu'il peut avec les cartes qu'il a. Et pourtant, pourtant, depuis un bon moment, je désespère. Oh pas pour moi, personnellement je vais bien... mais pour notre bon vieux monde qui semble s'effriter devant mes yeux. C'est un peu vexant de me dire que je suis déjà atteinte du syndrôme « C'était mieux avant » alors que je n'ai pas encore trente ans !

 

Est-ce l'hystérie cette chère compagne, qui me fait ressentir si violemment la transformation en animal de l'être humain ? Excellente question ! N'empêche que je voudrais vous parler à cœur ouvert (c'est une métaphore, prière de ne pas saisir scalpels et haches) de ce constat que je fais de plus en plus souvent... et de ces gens que j'évoque parfois ou non, mais qui me rappellent toujours que l'être humain peut être... infiniment beau. Car non je ne veux pas pleurer pour pleurer. Ca a un petit côté inutile et improductif, vous ne trouvez pas ?

 

En plus d'être patiente régulière, amoureuse de justicialand et autres billevesées, je suis également correctrice indépendante. Et ce travail est une fenêtre ouverte sur la folie et l'inculture des gens. Je suis peut-être restrictive, hein, mais j'ai tendance à penser qu'une personne qui trouve érotique un poulet ou un rôti de veau (véridique !) et met ce ressenti en vers d'une pauvreté affligeante gagnerait à consulter un psy... et un prof de français. Certains protesteront contre cette pique, au nom de la licence poétique, de l'art qui n'est pas forcément audible par tous... Certes. Alors, permettez-moi une naïve question : quand on estime que tout se vaut, que la norme n'a pas lieu d'être, que savoir écrire n'est pas indispensable et qu'il faut comprendre les gens et non les accuser... est-on prêt à appliquer ces idées partout et en toutes circonstances ?

 

Si votre prochaine feuille d'impôts, déjà fort indigeste, vous parvient rédigée en langage sms, direz-vous que bof, savoir écrire, c'est surfait ? Si le maire de votre ville vous assène des « Ouech ! » et des « t'as vu l'autre ! », applaudirez-vous son audace ?

 

Ceux qui me répondront non seraient peut-être étonnés de savoir que le premier rempart contre ces extrémités, l'Education Nationale est sacrément malmenée en toute bonne conscience ? Car à l'opposé du sms, existe la tare inverse, le pédagogisme exacerbé, ou l'art d'utiliser de beaux mots et de beaux principes pour tirer à boulets rouges sur notre culture et l'instruction de nos chères têtes blondes. A force de nier toute autorité aux professeurs, petit à petit, insidieusement, à force de tirer les exigences d'apprentissage vers le bas pour que personne ne se sente rejeté, à force de vouloir trop comprendre et de ne jamais sanctionner, on en arrive à ça. Erzébeth est professeur. Je doute que son contrat ait contenu des clauses à propos du droit au port de l'armure pour se défendre de ses charmants élèves et pourtant, m'est avis que ce ne serait pas forcément du luxe. Quand des collégiens prennent le pouvoir sur les adultes enseignants, un pouvoir brutal et exigeant, une loi du plus fort admise par les penseurs et les chefs d'établissement au nom du principe de dialogue... moi j'ai peur. Je ne connais pas Erzébeth, dont je n'ai découvert le blog qu'hier.

 

Mais je lis depuis quelques années celui de Bbk-mel, que je considère comme une amie. Bbk est pour moi LA prof. Celle que j'admire, parce qu'entre tendresse, humour et coups de gueule, elle garde son métier au cœur. Je lui dois, sans qu'elle s'en doute forcément, bien des remises en question sur mes petites misères, bien des renouveaux d'énergie. Bbk-mel, M'sieurs-dames, c'est une héroïne en talons aiguilles. Je vous donnerais bien l'adresse de son blog, mais ce dernier s'est vu cadenassé à coups de mots de passe afin d'éviter d'injustes sanctions éventuelles, liées à ses écrits. Car non, les pensionnaires d'Educaland n'ont pas une liberté d'expression à toute épreuve... S'agirait pas non plus qu'ils puissent se décharger de leurs émotions afin de repartir au combat en pleine forme ! Ce ne serait pas drôle, avouez !

 

Bref, outre Bbk et Erzébeth, je voudrais vous parler de deux autres super-héros de l'Education Nationale : Céléborn et Provisor/Educator. Céléborn, c'est le prof de français que j'aurais aimé avoir. Drôle, corrosif, il rebaptise ses élèves de noms aux consonnances théâtrales. Le lire, c'est déguster du moderne enrobé de Molière. Mais s'il ciselle son style, c'est pour mieux dénoncer le jeu qu'on lui fait jouer en changeant les règles à chaque tour. Lui qui voudrait transmettre un savoir, on lui demande de jongler avec un kamoulox légal géant. Je dévore ses articles, commente très rarement, parce qu'au fond, je n'ai rien à ajouter vraiment à ses propos. Alors, profitons de ce trop bref hommage pour lui dire merci... et tenez bon. Pitié. Parce que si Bbk est une amie et une super-héroïne à mes yeux, lui aussi m'a souvent mis du baume au coeur. Continuez à vous battre, s'il vous plaît, Céléborn.

 

Et Educator ? Humour encore plus trempé à l'acide que le mien, courage désespéré, carapace en acier trempé, voilà ses atouts. J'ai eu la grande peine il y a peu de m'apercevoir que lui aussi avait verrouillé ses portes bloguesques. Voilà qui m'apprendra à ne pas lui avoir mailé quand je le voulais... Mince, Educator, reviens ! Fais-moi riore de ce qui me donne envie de pleurer ! Educator, c'est le désespoir acidulé, la peur emmitouflée dans un éclat de rire jaune... Les gamins qu'il gère ne sont guère plus que des fauves, et son métier tient plus du domptage que de la gestion d'affaires courantes.

 

Voilà une toute petite partie, que je tenais à vous présenter, de ces gens qui restent les garde-fous de la limite intangible entre humanité et bestialité. Alors oui, parfois les profs et intervenants d'Educaland font grève. Parfois aussi, ils craquent réellement. Mais avant de râler parce que Chérubin 1er ne sera pas à l'école aujourd'hui... Rappelons-nous que sans Bbk-mel, Céléborn, Educator, Erzebeth et tant d'autres... Chérubin 1er n'a aucune chance d'évoluer.

 

Plus tard (Oui, je sais, je sais...) je vous causerais moins des gens et plus du pourquoi. Plus tard.

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camille 14/11/2011 14:02


il y a aussi l'excellent blog de charly le prof : un prof vide son cartable. bourré d'humour, un gars qui vraisemblablement, aime son métier, ses élèves, et sait exprimer tout l'humain de sa
profession. tout n'est pas pourri... et si je pense comme toi, que notre société décadente se casse la gueule, j'attends beaucoup du futur, et pleine d'espoir quant à ce qui germera dans le terreau
issu de la mouise actuelle.


medicaland.over-blog.fr 14/11/2011 17:53



Pour ça faut que les gens se réveillent !


 


Mais oui, tiens, Charly ! Je l'avais oublié :p