Courage... et avec ça, l'addition ?

Publié le par medicaland.over-blog.fr

  Je vous écris de Florence. Oui oui, Florence, en Italie. Ville romantique à souhait, tout ça, tout ça... et je peux vous dire que moi et mon petit camarade de voyage avons intérêt à apprécier le décor, puisqu'à défaut d'un repos que j'estimais bêtement avoir mérité, au moins un peu, nous voilà engagés dans un sympathique jeu de piste sur le thème "rentrer en France sans papiers d'identité, volatilisés sur une fort jolie place touristique !". Bon bah, soit, encore un jet de dés assez farceur.

 

Courage Blandine, courage...  Non ! Je vous promets que le/la premier/ère qui me parle encore de courage, je le mords. Enfin, ça dépend. Si un jour je décide d'escalader le Kilimandjaro en porte-jarretelles et talons aiguilles, vous aurez le droit de me souhaiter du courage, car il m'en faudra. Ou de la connerie, au choix. Ce n'est d'ailleurs pas forcément incompatible.

 

Mais parler de courage quand on a un choix plus que limité d'actions, ça me dépasse. Mettons que je vous sorte tout de go, au détour d'une discussion "vous êtes un poulet rôti". Si vous ne souffrez pas d'une pathologie vous poussant à vous mettre la tête dans un four (Si vous la mettez dans un micro-ondes, vous aurez toutes les chances de croiser un certain Lucas Salpetrière...), et si vous n'êtes que raisonnablement alcoolisé ou drogué, vous risquez de trouver que ça n'a guère de sens. Eh bien, vous vous trouveriez dans le même état d'esprit que moi quand on me dit que je suis courageuse.

 

Je veux dire par là que je n'ai encore hélas ni auréole ni diplôme de béatification en poche. Je ne suis donc pas une sainte. Ni un ange. Simplement j'avance comme je peux avec les possibilités que j'ai. Je ne fais rien de phénoménal et la force que j'ai, je la tire de ceux que j'aime. Je râle, je hurle, je rue dans les brancards plus souvent qu'à mon tour. Je m'écroule aussi. Ce qui me fait relever la tête, à chaque fois, ce n'est pas une quelconque force intérieure, ce sont ces gens qui, tour à tour, m'offrent une main, un sourire, un regard pétillant...

 

Je ne vous ai pas raconté ma fin de journée de jeudi dernier. Elle illustre pourtant bien mon propos. L'énergie qui m'a fait tenir jusqu'à Paris sans trop jouer la dame aux camelias, c'est un drôle de garçon qui me l'a offerte. Un ami, plus que précieux, dont je vous causerai plus longuement un jour, sans doute (quitte à ce qu'il m'engueule pendant trois siècles s'il l'apprend, tant il se sous-estime), qui m'a tenu la main et épaulée bien souvent. Et à l'arrivée dans notre bonne vieille capitale, d'autres prirent le relais. Quelle étrange troupe m'entourait ! Jugez plutôt : Un milord au grand coeur échappé d'un manoir, un zombie cow-boy, une witch à l'allure altière malgré un maquillage à base de faux sang... non non, je n'avais pas été récupérée par l'asile du coin, mais par une bande de fous que j'adore. Et devinez quoi ? Aucune douleur ne m'aurait empêchée de courir avec eux comme une dératée dans les couloirs du métro (en me prenant tous les poteaux, ça va de soi !) pour rejoindre une salle de concert bruyante et y rejoindre d'autres dingues tout aussi géniaux. Pas pour rien que le groupe de musiciens que nous étions venus applaudir et encourager s'appelle MAD ! Et après ? Un autre, encore, m'a portée une nuit à bout de bras. Au sens propre, j'entends, mais pas que.

 

Finalement, c'est là tout mon "courage". Une pile sans cesse rechargée par la chaleur humaine. Sans eux je ne tiendrais pas. Mais il serait faux de dire que je vis pour ces autres. Non non, désolée de vous décevoir, je suis basiquement humaine et donc fondamentalement égoïste. Je vis pour moi. Je puise juste chez les autres ce qu'il me faut pour avancer.

 

Ceci dit, c'est fort commode, l'image angélique associée à la souffrance. Les gens imaginent toujours la personne malade comme une poupée de porcelaine qui reste bloquée sur le mode "sourire béat perpétuel". Oui mais là encore, je vais être vilaine et vous briser un mythe : souffrir ne rend pas meilleur, ça rend juste... souffrant. Je peux être la plus flemmarde, la plus peste et la plus sadique des filles si cela me semble utile ou agréable. La seule différence avec d'autres, c'est que je m'essoufflerai avant d'arriver à vous abattre à coups de hache.

 

Non, vraiment, m'sieurs-dames, le seul courage que je me reconnais est celui de ne pas toujours me cacher la vérité et de savoir globalement ce qui m'est dicté par la raison, ou par l'émotion.

 

Le vrai courage, celui qui vous fait soulever des montagnes, je le vois chez ceux qui me supportent !

 

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Schtroumpfette 23/02/2011 10:02


Bien d'accord avec ppmoo. Tu es peut être poursuivie par la guigne (et vu ton expérience outre france dans le beau pays des mafiosi, je peux certifié qu'elle te suit de près !) mais ce qui est
sure, c'est que tu as simplement de vrais amis. Ceux qui sont toujours là quand tu en as besoin !! Ce sont ceux là les meilleurs !
Et puis remercie la poisse : elle t'offre des billets à nous raconter pour notre plaisir de lecture !


medicaland.over-blog.fr 23/02/2011 12:20



Oh ben là vous en aurez un plus sérieux, ou presque, sous peu... genre cet après-midi.



ppm00 22/02/2011 22:53


Je pense que tu as aussi de l'énergie propre pour écrire tout ça, tu n'es pas une parasite, tu leur apportes aussi au autres, tu ne t'en rends pas compte car tu te sous-estime un peu, c'est
tout.
Quand on est vraiment un boulet grave de grave tu sais on a pas des super potes comme ça :)


medicaland.over-blog.fr 23/02/2011 12:22



... tu fais une cure de gentillesse cent pour cent sans cynisme ppm ? Un grooos smack pour la peine !



QUEEN MOM 20/02/2011 11:30


Lucidité+autodérision : personne hautement fréquentable ! Bravo, mam'zelle.


medicaland.over-blog.fr 20/02/2011 21:51



Ca c'est quand je suis raisonnable... c'est-à-dire pas si souvent hélas...