Mercredi 1 février 2012 3 01 /02 /Fév /2012 20:23

Je ne vous ai pas parlé des hospitalisations. Je ne vous souhaiterai même pas bonne année. Je suis en retard. Bon, tout ça c'est fait, mea culpa !

 

Un jour, peut-être, je vous causerai de la vie de château. Un jour, sans doute. Ou pas. J'aime toujours autant écrire mais tout défile si vite dans ma petite vie que j'ai du mal à ordonner les pensées. Je suis là, de manière sporadique à mon grand regret, mais... je suis là, quand même.

 

Alors comme ça l'année nouvelle commence... elle s'est achevée pour moi d'une manière douce-amère, et a commencé de pareille façon. Un homme que j'aimais beaucoup, le père de celle que, pour toujours, je vois comme ma petite soeur, est mort.

 

Et si je n'ai nulle envie de vous entretenir des joies de la visite au funérarium à une personne, qui, pourtant, a eu l'extrême obligeance de m'écouter sans chercher à me contredire ni à faire quelque geste d'agacement que ce soit pour cause d'immobilité forcée, ce qui reste très appréciable, ce décès suivi d'évènements plus joyeux, m'a fait cogiter sur bien des choses.

 

Rassurez-vous, je vais vous épargner le préchi-précha "la vie est belle malgré tout, la mort n'est pas une fin...", je ne suis pas d'humeur. Selon les croyances et la philosophie de vie des gens, on se fera son avis sans moi. Non mais oh ! Je ne suis pas directrice de conscience, moi ! Je suis plus du genre à me poser tout un tas de questions en vrac, sur l'univers, la vie et tout le reste. Et le premier qui me sort "la réponse est 42", je lui assène un amical coup de hache sur le nez.

 

Mais avant de vous déballer l'interro surprise, causons un peu de ces bonnes choses arrivées qui font que je ne peux même pas me plonger uniquement dans le gaiement morbide... C'est vrai quoi ! Si on ne peut pas déprimer égocentriquement en paix, où va le monde ?

D'abord, Lui. L'ami, le frère et accessoirement, la future nounou du bébé. Un homme extraordinaire qu'avec mon cher et tendre, j'héberge depuis un mois. Patient, fiable et toujours à l'écoute, il est devenu une attache forte et précieuse. Il va bientôt repartir un temps, mais il est bon d savoir que je peux compter, de près comme de loin, sur lui. Je ne vais pas vous en faire un éloge en trois pages, mais venez vite chez nous manger ses bons petits plats !

 

Ensuite, quitte à abandonner cinq minutes mon cynisme légendaire, je vais m'extasier sur la passation de ma première échographie officielle-obligatoire... et, pour ne pas trop perdre la main sur les sarcasmes, commençons avant tout avec un petit mot sur Dockinou, mon médecin traitant.

 

Il est bien, Dockinou, une blouse blanche comme je les aime : à l'écoute, gentil, doux... mais s'il y a un domaine où je vais éviter de compter sur lui, c'est précisément la grossesse. C'est un poil ennuyeux sur les bords en ce moment, vous en conviendrez ! Mais bon, voir ce brave homme devenir un peu blanc sur les bords et me dire en paniquant légèrement "mais j'y connais rien, moi, à la grossesse ! Je sais pas comment ça se gère, les examens à faire... c'est pas mon truc !" m'a fait prendre conscience que si je voulais lui éviter la crise cardiaque, j'avais intérêt à le ménager .

 

Bref, le lendemain, échographie en compagnie de mon cher et tendre. Et je peux vous dire qu'entendre des battements de coeur affolés sur fond de musique classique, ça fait son petit effet !  Et de voir un truc qui ressemble vaguement, dans le noir et de loin, à un être humain sur écran, c'est... intéressant. J'étais troublée et émue... et terrifiée par cette marque soudaine de la réalité des choses. Tout "va bien", certes, mais y a moyen de mettre pause ? Etrange hasard, le médecin (très gentil et attentionné, deux en deux jours, c'est la saison ? Ce doit être comme pour les champignons...) a fait toutes ses études à la maternité où je me suis inscrite et ne m'en dit que du bien... Mazette, tous les intervenants de cette grossesse se seraient-ils donné le mot pour contrarier mes grognements contre Médicaland ?

 

J'ai pris la main de mon cher et tendre, j'ai senti son angoisse qui rejoignait la mienne, nous avons écouté un coeur, vu des images et chaviré d'émotions différentes pour chacun...

 

Bon, c'est bon, on peut arrêter un moment la guimauve et les violons ? Revenons un peu à la torture de méninges promise !

 

1 ) A la fin du rendez-vous avec Madame Echographie, cette dernière nous parle du dépistage prénatal de la trisomie 21. Dans un premier temps, très spontanément, je ne me sens pas intéressée.  C'est plus tard dans la journée qu'en en recausant avec l'homme que j'aime, qui, je l'avoue a peut-être son mot à dire sur l'affaire, que ma réaction se nuance : il exprime sa peur : père, oui, bon, il peut s'y faire, mais père d'un enfant trisomique, il ne se sent pas d'assumer.  Et à la réflexion, je ne suis pas certaine, moi non plus, de pouvoir tenir ça. Gérer l'éducation d'un marmot, pour une fille qui a de base le même amour pour les bambins que pour une salade de cigüe, ce n'est déjà pas gagné. Rajoutons à ça un passé aussi calme et lisse qu'un champ de bataille, une santé physique et psychique légèrement hasardeuse... autant vous dire que non, mon bien-aimé et moi-même ne partons pas sur une autoroute, mais davantage sur une chouette route de montagne, du genre avec virages en épingle et éboulements possibles tous les cent mètres et demi. Alors remettre une dose de piquant, eh bien comment dire... non ? Il y a un moment où il ne faut pas abuser des bonnes choses.

 

Donc, ci un dépistage prénatal mène à une suspicion de trisomie 21, que faire ? Que dire ? IMG ? Tout mon être se révolte à cette idée. Adoption ? La protestation instinctive est à peine moins forte, d'autant que je considèrerais ça davantage encore aujourd'hui comme un échec qu'il y a deux mois, où je ne savais pas encore si je garderai le bébé et où cette hypothèse déchirante avait été envisagée. Le garder ? Voir plus haut...

2) Bon, vous me direz, la trisomie 21, c'est tout de même assez rare... mais tout autre handicap ? Moteur, mental ou psy ? Il y a des facteurs de risque, entre mes antécédents et une grossesse compliquée par les crses de dépersonnalisation. Et là aussi, la peur s'installe un peu.Elle reste raisonnée, je sais que la probabilité n'est pas immense, loin de là ! Mais... les rivages du merveilleux mode des "et si" ne sont jamais loin du cerveau d'une hystérique.

Deux-trois avis là-dessus avant de continuer ?

Par medicaland.over-blog.fr - Publié dans : Présentation
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Vendredi 25 novembre 2011 5 25 /11 /Nov /2011 14:12

Suite aux derniers événements de ma calme et simple vie, il est temps de retrouver Médicaland dans toute sa splendeur,  au coeur même de ses contrées, dans un petit château hanté par les blouses blanches. Autrement dit, je vais me faire hospitaliser. Ai-je peur de cette nouvelle aventure ? Ma foi, j'estime qu'il y a pire sort que d'être réveillée tous les matins par  la douce voix de Walter le majordome (le cousin de Nestor qui officiait dans un autre palace où, certains s'en souviendront, j'avais déjà séjourné), venu m'apporter sur un plateau d'or un petit déjeuner copieux et fort appétissant. J'ai toujours aimé le luxe, le calme et la volupté, alors pourquoi m'en priver ?

 

Bon, trève de fanfaronnades, au moins pour dix secondes : non je n'ai pas peur d'être hospitalisée là-bas. Ce qui me terrorise, c'est autre chose : cette fois, je n'y vais pas juste pour peinturlurer des pots de yaourts (oh, que je suis méchante) afin de réussir à apaiser un cerveau un peu trop farceur. Non, aujourd'hui, outre ma petite vie, il y en a deux autres en jeu : celle de mon bien-aimé, qui, si parfait soit-il, va devoir apprendre à gérer le quotidien seul un temps, avec son lot de batailles et de réelles contraintes, et celle, pas encore entamée, d'un petit être bien aub chaud entre ma graisse et mes rares muscles. Ou, pour le dire clairement, hein, un bébé à naître. Que va-t-il advenir de lui, de moi, de mon amour ? Nous le saurons tous à la fin de ce feuilleton délirant.

 

Alors, avant de poursuivre sur un mode plus léger et acidulé, je voudrais une fois de plus verser dans le sentimentalisme le plus éhonté et remercier des gens qui, parce qu'ils sont là, me font affronter ce nouveau gag avec une plus grande sérénité (même si ça implique simplement que je ne menace pas encore un psychiatre de ma hache :p On a les zénitudes que l'on peut !) :

 

D'abord et avant tout, Edouard, LPA, chéri, bref, épargnons-lui toute la litanie des mots doux façon sirop d'érable, celui qui m'a redonné goût à plein de choses, qui me pousse en avant tout en ronflant allègrement, qui calme mes angoisses et mes rages, et m'offre tendresse, humour et amour sur un plateau, le tout assaisonné d'un soutien indéfectible. Sans lui, où serais-je aujourd'hui ? Mon amour... tu es... le plus beau des cadeaux qui se puisse imaginer. Merci pour tout.

 

Ensuite, Mattis, mon beau, mon talentueux, mon cher et précieux Mattis, le zombie le plus attachant qui soit. En ce moment, il traverse une dure période et je regrette de n'être pas autant là pour lui que je l'aimerais. Mais cet artiste est, je le sais, capable de s'en sortir. La liste de ses bienfaits à mon égard serait aussi fort longue, mais en ce moment, je lui suis tout particulièrement reconnaissante de prendre soin de ma petite soeur adorée. Courage Mattis, courage... et vive toi !

 

Camille la grande dame, qui n'a pas hésité à voler à mon secours alors que cela nécessitait une longue balade dans la région et qui en prime, m'offre toujours bonne humeur et discussions passionnantes. Camille est une grande âme et ça se voit. Des gens comme elle, il en faudrait plus, on y gagnerait tous !

 

Myth, la bourrine sanguine, a elle aussi droit à ma plus grande reconnaissance, pour son amitié et son soutien, elle qui a été là alors qu'elle est elle aussi dans une passe délicate. Son bon sens parfois, son humour ravageur souvent, ont fait plus que de grands discours pour me soutenir.

 

Anthony, pigeon volant et ami cher, que je suis ravie de voir de bien meilleure humeur ces derniers temps, et qui souvent fut là pour m'écouter râler. En plus de le remercier, je voudrais surtout lui redire qu'il mérite le meilleur, parce que des gens comme lui, ça ne court pas non plus les rues.

 

Damien, elfe aquatique hydropobe, sur qui je compte pour organiser un superbe festival geek en juin ! Damien qui m'a souvent écoutée aussi et qui, entre câlins et passions communes, me rappelera toujours qu'il y a des gens bien sur cette bonne vieille terre. J'attends juste de le voir serein :p

 

Il me resterait tant de gens à citer... Mamie Pah doc sait tout ce que je lui dois, Monseigneur, s'il revient dans les parages, aussi, et Chad, Bernie et Pimy aussi... Toute une bande virtuelle qui souvent, entre écoute et rires partagés, m'a forcée à rester droite et à avancer...

 

je me contenterai d'une dernière personne à mentionner ici : la gynécologue qui s'est un brin décarcassée pour moi ces derniers temps. Cette dame, avec générosité, empathie et bonne humeur, éclaire d'un seul coup l'horizon médical que je trouvais trop bouché à mon goût. Une praticienne à l'écoute, douce, patiente, mériterait l'éloge non seulement de ses patients mais surtout de ses pairs. Merci Madame, pour tout ce que vous m'avez offert en quelques jours.

 

Voilà, mon pot de sirop d'érable est vide pour le moment, alors reprenons les hostilités... après une courte page de publicité !

 

 

 

 

Par medicaland.over-blog.fr
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Samedi 12 novembre 2011 6 12 /11 /Nov /2011 12:36

 

Il fait gris ce matin. Cela explique peut-être mon enthousiasme proche de celui du poulpe anorexique à l'idée de me lever, de vivre ma petite vie quotidienne... Mais, les amis, faut qu'on cause.

 

Je pense être une demoiselle assez conciliante. Lorsque je râle contre Médicaland (ou Justicialand, ailleurs et avant), c'est toujours en gardant à l'esprit que les choses arrivent pour plusieurs raisons. Un médecin, un avocat, ne sont pas forcément des monstres volontaires. Je pars du principe que tout le monde fait ce qu'il peut avec les cartes qu'il a. Et pourtant, pourtant, depuis un bon moment, je désespère. Oh pas pour moi, personnellement je vais bien... mais pour notre bon vieux monde qui semble s'effriter devant mes yeux. C'est un peu vexant de me dire que je suis déjà atteinte du syndrôme « C'était mieux avant » alors que je n'ai pas encore trente ans !

 

Est-ce l'hystérie cette chère compagne, qui me fait ressentir si violemment la transformation en animal de l'être humain ? Excellente question ! N'empêche que je voudrais vous parler à cœur ouvert (c'est une métaphore, prière de ne pas saisir scalpels et haches) de ce constat que je fais de plus en plus souvent... et de ces gens que j'évoque parfois ou non, mais qui me rappellent toujours que l'être humain peut être... infiniment beau. Car non je ne veux pas pleurer pour pleurer. Ca a un petit côté inutile et improductif, vous ne trouvez pas ?

 

En plus d'être patiente régulière, amoureuse de justicialand et autres billevesées, je suis également correctrice indépendante. Et ce travail est une fenêtre ouverte sur la folie et l'inculture des gens. Je suis peut-être restrictive, hein, mais j'ai tendance à penser qu'une personne qui trouve érotique un poulet ou un rôti de veau (véridique !) et met ce ressenti en vers d'une pauvreté affligeante gagnerait à consulter un psy... et un prof de français. Certains protesteront contre cette pique, au nom de la licence poétique, de l'art qui n'est pas forcément audible par tous... Certes. Alors, permettez-moi une naïve question : quand on estime que tout se vaut, que la norme n'a pas lieu d'être, que savoir écrire n'est pas indispensable et qu'il faut comprendre les gens et non les accuser... est-on prêt à appliquer ces idées partout et en toutes circonstances ?

 

Si votre prochaine feuille d'impôts, déjà fort indigeste, vous parvient rédigée en langage sms, direz-vous que bof, savoir écrire, c'est surfait ? Si le maire de votre ville vous assène des « Ouech ! » et des « t'as vu l'autre ! », applaudirez-vous son audace ?

 

Ceux qui me répondront non seraient peut-être étonnés de savoir que le premier rempart contre ces extrémités, l'Education Nationale est sacrément malmenée en toute bonne conscience ? Car à l'opposé du sms, existe la tare inverse, le pédagogisme exacerbé, ou l'art d'utiliser de beaux mots et de beaux principes pour tirer à boulets rouges sur notre culture et l'instruction de nos chères têtes blondes. A force de nier toute autorité aux professeurs, petit à petit, insidieusement, à force de tirer les exigences d'apprentissage vers le bas pour que personne ne se sente rejeté, à force de vouloir trop comprendre et de ne jamais sanctionner, on en arrive à ça. Erzébeth est professeur. Je doute que son contrat ait contenu des clauses à propos du droit au port de l'armure pour se défendre de ses charmants élèves et pourtant, m'est avis que ce ne serait pas forcément du luxe. Quand des collégiens prennent le pouvoir sur les adultes enseignants, un pouvoir brutal et exigeant, une loi du plus fort admise par les penseurs et les chefs d'établissement au nom du principe de dialogue... moi j'ai peur. Je ne connais pas Erzébeth, dont je n'ai découvert le blog qu'hier.

 

Mais je lis depuis quelques années celui de Bbk-mel, que je considère comme une amie. Bbk est pour moi LA prof. Celle que j'admire, parce qu'entre tendresse, humour et coups de gueule, elle garde son métier au cœur. Je lui dois, sans qu'elle s'en doute forcément, bien des remises en question sur mes petites misères, bien des renouveaux d'énergie. Bbk-mel, M'sieurs-dames, c'est une héroïne en talons aiguilles. Je vous donnerais bien l'adresse de son blog, mais ce dernier s'est vu cadenassé à coups de mots de passe afin d'éviter d'injustes sanctions éventuelles, liées à ses écrits. Car non, les pensionnaires d'Educaland n'ont pas une liberté d'expression à toute épreuve... S'agirait pas non plus qu'ils puissent se décharger de leurs émotions afin de repartir au combat en pleine forme ! Ce ne serait pas drôle, avouez !

 

Bref, outre Bbk et Erzébeth, je voudrais vous parler de deux autres super-héros de l'Education Nationale : Céléborn et Provisor/Educator. Céléborn, c'est le prof de français que j'aurais aimé avoir. Drôle, corrosif, il rebaptise ses élèves de noms aux consonnances théâtrales. Le lire, c'est déguster du moderne enrobé de Molière. Mais s'il ciselle son style, c'est pour mieux dénoncer le jeu qu'on lui fait jouer en changeant les règles à chaque tour. Lui qui voudrait transmettre un savoir, on lui demande de jongler avec un kamoulox légal géant. Je dévore ses articles, commente très rarement, parce qu'au fond, je n'ai rien à ajouter vraiment à ses propos. Alors, profitons de ce trop bref hommage pour lui dire merci... et tenez bon. Pitié. Parce que si Bbk est une amie et une super-héroïne à mes yeux, lui aussi m'a souvent mis du baume au coeur. Continuez à vous battre, s'il vous plaît, Céléborn.

 

Et Educator ? Humour encore plus trempé à l'acide que le mien, courage désespéré, carapace en acier trempé, voilà ses atouts. J'ai eu la grande peine il y a peu de m'apercevoir que lui aussi avait verrouillé ses portes bloguesques. Voilà qui m'apprendra à ne pas lui avoir mailé quand je le voulais... Mince, Educator, reviens ! Fais-moi riore de ce qui me donne envie de pleurer ! Educator, c'est le désespoir acidulé, la peur emmitouflée dans un éclat de rire jaune... Les gamins qu'il gère ne sont guère plus que des fauves, et son métier tient plus du domptage que de la gestion d'affaires courantes.

 

Voilà une toute petite partie, que je tenais à vous présenter, de ces gens qui restent les garde-fous de la limite intangible entre humanité et bestialité. Alors oui, parfois les profs et intervenants d'Educaland font grève. Parfois aussi, ils craquent réellement. Mais avant de râler parce que Chérubin 1er ne sera pas à l'école aujourd'hui... Rappelons-nous que sans Bbk-mel, Céléborn, Educator, Erzebeth et tant d'autres... Chérubin 1er n'a aucune chance d'évoluer.

 

Plus tard (Oui, je sais, je sais...) je vous causerais moins des gens et plus du pourquoi. Plus tard.

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Mardi 1 novembre 2011 2 01 /11 /Nov /2011 00:14

 

Me voilà de retour dans ce blog, et cette fois, pour de bon et définitivement. J'ai eu droit à mon quota de miracles ces derniers mois et me voilà enfin chez moi, prince charmant et travail en prime ! Je vous raconterai si vous êtes sages... en revanche, comme il n'y a personne ou presque qui m'a réclamé la suite du prédédent billet, j'attends d'être suppliée à genoux !

 

Bref, z'allez avoir trois billets pour le prix d'un...

Ah, et Chat, c'pour toi :p

 

Un brancard, une perfusion... Bien joué, vous avez deviné ! Me voilà partie pour vous narrer un récent séjour aux urgences qui, je crois, bat tous les records en bien des domaines. Précisons d'emblée que je n'y ai pas, cette fois, atterri pour un pur délire somatique né d'un cerveau toujours aussi farceur, mais bien pour un souci des plus physiologiques. Et le séjour m'a, pour le coup, laissée assez perplexe.

 

Après une prise en charge assez intensive et rapide, (ils me croyaient en train de faire une crise cardiaque... bon, elle s'attardait depuis plus de deux semaines, leur crise, m'enfin, je ne vais pas contrarier des gens qui s'occupent de moi !) me voilà installée dans un box, sur un joli brancard avec des draps tout propres. Ça a son importance, vous l'allez voir par la suite. Je ne vais pas commencer à râler tout de suite parce qu'ils ont oublié de me retirer les électrodes de l'électro-cardiogramme, ni parce que j'ai réellement très mal, on reprend simplement la routine des urgences : farniente et nausées.

 

Fidèle à mes habitudes, je sors le pop-corn et j'assiste au chouette spectacle de la vie du service. Et pour le coup, je suis servie ! J'entends rapidement un papy s'agiter sous l'effet de la douleur dans une cage voisine. Et si ls infirmiers accourent, c'est moins pour soulager sa souffrance que pour le menacer de l'attacher et le gronder. Je n'ai rien contre une remise en place d'un patient capricieux, notez ! Mais le choix entre le valium et la contention, j'avoue rester moyennement fan. Bref, cela aurait pu passer si je n'entendais pas également une jeune femme, elle déjà intimement reliée à son brancard, interpeller régulièrement et poliment les gens en blanc pour aller aux toilettes, boire, etc...

J'avoue que je tilte un peu : deux personnes attachées dans le service d'hospitalisation de courte durée des urgences, voilà qui n'est pas courant.

 

Quant au traitement qui m'est réservé, je ne l'apprécie guère plus : après un cathéter mal posé (en dehors des veines) et un lavement (le premier qui rigole se fera mordre violemment) qui part en chips, je suis obligeamment shootée à la morphine. Résultat des opérations ? Un délire nocturne de plusieurs heures sur les mérites comparés du zinc et de l'uranium, avant de vomir le tout au sol... et d'attendre trois heures la venue d'une infirmière, qui daignera enfin passer un petit coup de mouchoir.

 

Il est huit heures du matin, je souffre plus encore qu'en arrivant à l'hôpital, mes deux voisins sont toujours fixés à leur lit... et je commence à m'interroger sérieusement.

 

Attacher des gens, c'est pour moi, une mesure désespérée, quand tout le reste a échoué. Attacher une personne toute une nuit, ça ne devrait être permis que dans des cas encore plus exceptionnels. D'autant que là, les deux zigues étaient certes pénibles, mais semblaient lucides. Alors, pourquoi ? Parce qu'une garde de nuit, c'est épuisant, que les deux pauvres infirmiers sont seuls pour gérer souffrances, peurs et angoisses. Parce que c'est plus simple d'aller dans la barbarie ordinaire que de prendre le temps de se poser réellement avec les gens et de faire preuve d'empathie. Parce que... il y a cent raisons et à leur manière, aucune n'est mauvaise.Elles sont juste.. insuffisantes.

 

 

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Jeudi 26 mai 2011 4 26 /05 /Mai /2011 00:00

 

Voilà le billet tant attendu, entre procrastination, urgences et autres...

 

Non, je ne suis pas vraiment en colère. Et la hache pleine de sang, ce n'est pas du tout ce que vous croyez.... juste une petite erreur de direction lors d'une séance de taillage de bûches. Tiens, c'est marrant, je ne vous sens pas plus rassurés que ça ?

Bon, d'accord. On arrête de jouer au plus fin, d'autant que ce soir, je cuve un cocktail corsé (Note : dire au barman de l'hôtel qu'un Mojito, c'est pas 9/10èmes de rhum et 1/10ème de menthe pour faire joli) et que j'ai la flemme d'enrober mon petit coup de gueule sous un déluge de sirop d'érable. Donc, non je ne suis pas vraiment en colère... je suis furieuse !

 

     Avez-vous déjà eu cette désagréable impression d'avoir entamé avec quelqu'un un dialogue de sourds, où chacun reste sur sa trajectoire sans prendre en compte ce que lui dit l'autre ?  Je vous rassure, je ne vais pas radoter sur le "non vous n'avez pas mal" si cher aux médecins, mais à un autre gag régulier que l'on me sert trop souvent à mon goût : le "mais vous devriez vous faire soigner !". Et devinez quoi ? On vient de me ressortir ça, de manière fort inopportune et plus que hors contexte, au détour d'une conversation sur un tout autre sujet : ma situation matérielle présente. Autant vous dire qu'en ce moment, entre improvisation pour trouver un toit chaque nuit et gestion budgétaire très serrée, elle est un chouïa complexe. Disons que le jour où je pourrai rentrer chez moi et m'écrouler dans un bain chaud, je sauterai de joie.

 

          Donc, tandis que je m'ouvrais de ce problème épineux à mon interlocutrice, cette dernière m'interrompit quelque peu cavalièrement pour m'asséner d'un ton catégorique : "mais mademoiselle, il faut vous faire soigner, vite, d'urgence ! là vous n'êtes pas en état psychique d'assurer votre vie quotidienne". J'argumentai qu'en effet, j'avais plus que besoin d'un soutien et d'un suivi médico-psychologique mais que là tout de suite, dans la minute, ça s'avérerait compliqué, et surtout, que ce ne serait pas ma priorité. Ben oui, là j'avais besoin de trouver à me loger de manière provisoire mais pas trop et dans ces conditions, voir un psy régulièrement, c'était assez peu faisable.

J'ai vite compris que l'on rentrait dans une boucle de discussion éternelle, où aucune de nous deux ne pourrait convaincre l'autre. Et pour cause ! Il faut  bien comprendre qu'il n'est pas possible de s'entendre quand on a des axiomes de réflexion assez différents.

 

Bien-portant, il est facile d'occulter inconsciemment une toute petite partie du problème du soin en psychiatrie, oh, rien de grave, hein, pas de quoi fouetter un chat : on ne soigne pas un état dépressif, un problème ou une maladie psy avec un peu de mercurochrome ou un plâtre aux urgences...

 

Malade, c'est un autre paramètre qu'on zappe souvent : la réalité très terre-à-terre de la vie en société : la terre ne s'arrête pas de tourner pour nous aider lorsqu'il y a situation compliquée, et ce qui constitue notre petite sphère privée n'est pas exactement le même composant que ce qui fait celle d'un bien-portant.

 

  Ceci posé, je vais radoter : je ne suis pas hostile par principe à une thérapie. Au contraire, je sais qu'elle me sera non seulement bénéfique mais aussi nécessaire et obligatoire. MAIS j'estime bêtement que là tout de suite, dans l'urgence et sans savoir où je dormirai d'ici deux jours et demi...

 

Car tout est là : en psychiatrie, l'urgence, ça ne marche pas. On ne peut pas prendre une petite pillule pour faire rustine et reprendre un temps le cours de sa vie en attendant de trouver mieux. Et on peut encore moins, pour des pathologies chroniques et sérieuses, les guérir ou même les stabiliser en un, deux ou dix rendez-vous.Et les services dits d'urgences psy, ce n'est pas vraiment un endroit de soin.

 

Je vous explique le pourquoi de cette affirmation brutale et provocatrice ? Prenons le scénario type.

 

  Crise de dépersonnalisation, rien ne va plus, c'est arrivé en pleine rue... bref, toutes les conditions sont réunies pour que les pompiers me ramènent en quatrième vitesse à l'hôpital, en pestant contre la demoiselle bourrée qu'ils imaginent tenir sur leur brancard. C'est quand ladite crise est passée qu'ils se rendent compte qu'ils ont en réalité affaire à la plus délicieuse des créatures, qui ne leur créera plus de problèmes (Quoique j'admets que le plus audacieux, qui laissa trainer un bras dodu près de mes crocs en tentant de me maîtriser, doute légèrement...).

 

  Bien, me voilà casée dans le charmant hall de gare... d'accueil, pardon, des urgences. Quatre heures après mon débarquement, un type ronchon en blouse blanche et au fort accent tunisiano-romano-japonais (vous ne savez pas à quoi ça ressemble ? Spécialité made in Medicaland, quartier psy, les amis) vient me rendre visite. Je vous présente PsyChéri. Et me trouve en parfaite santé apparente, si on excepte le fait que je m'ennuie ferme. Je suis lucide, cohérente et aimable. S'entame alors un dialogue de sourds :

 

- Qu'attendez-vous de  moi, Mademoiselle ?

- A moins que vous n'ayez des dons divins et que vous puissiez me guérir en un clin d'oeil de ces crises qui durent depuis 15 ans, pas grand-chose !

- Tout ce qu'on peut vous proposer, c'est de vous hospitaliser dans notre service un petit temps, l'affaire de trois ou quatre jours...

- Ah non, merrci bien, j'ai déjà testé et sans vouloir vous vexer, Doc... je tiens à ma santé mentale !

- Vous ne coopérez pas beaucoup, je préfère quand même vous garder ici cette nuit au moins, pour voir...

 

De l'art de vous présenter une question en sachant d'avance qu'on va snober votre réponse au final. Autant faire plus simple et ne pas m'enquiquiner avec une fausse discussion ouverte, non ? Moi ça m'épargnerait une pénible sensation de déja-vu, quant au psychiatre, il se recevrait peut-être moins de piques fielleuses.

 

Bref, me voici conduite à une "vraie" chambre. pour la nuit me dit-on. Une nuit à géométrie variable, entre 12h et deux semaines.

 

Avant de poursuivre, notons qu'il arrive bien entendu de temps à autre que PsyChéri soit un peu intelligent et me laisse ressortir de suite... mais là où je dis "un peu" intelligent, c'est qu'il me gavera d'anxiolytiques avant, histoire de me renvoyer dans la rue complétement sédatée ! Bah oui, sinon ce n'est pas drôle !

 

 Maintenant, découvrons mes nouveaux appartements : une chambre d'hôpital, certes, mais le lit est recouvert d'un odieux couvre-lit à grosses fleurs, le genre qu'on trouve chez Mémé... Quelques livres traînent dans un meuble : Au choix, des Harlequin ou... du Stephen King ! Ai-je le droit d'applaudir chaleureusement le trait de génie qui a poussé le corps médical à penser que la lecture de cet auteur pouvait apaiser les esprits ?

 

 Maintenant, tournons-nous vers mes camarades de jeu, enfin, les autres patients du service. Justement, un zombie en pyjama violet avance vers moi, qui ai eu la lubie de sortir dans le couloir. Voilà, Mesdames et messieurs, le patient-type, pas trop, trop malmené, mais pas frais du matin non plus. A vue de nez, je dirais qu'il est sous anxiolytiques depuis trois ou quatre jours. Du coup, forcément, il est zen, ou du moins en a l'apparence. C'est logique : essayez de faire du bordel quand votre cervelle est devenue aussi exploitable qu'un poulet en caoutchouc !

 

Passons ce spécimen désespérément représentatif de la philosophie du lieu, même s'il incarne une bonne partie des craintes que j'ai vis-à-vis des unités publiques de soins psy. Voyons maintenant le pire, le terrifiant et l'abject : le patient ravagé, complétement détruit, celui qu'on croirait sorti d'un asile à l'ancienne. Sa porte à lui est verrouillée et on l'entend y cogner, avec des gémissements plaintifs. Attention, les soignants du coin ne le maltraitent pas par sadisme, il n'est ni torturé ni battu, enfin... pas torturé volontairement, du moins. S'il n'a pas un vrai lit mais un matelas posé au sol, c'est pour l'empêcher de se blesser. Et les infirmiers font ce qu'ils peuvent pour lui parler humainement. comme à un enfant, car c'est ce qu'il est devenu, à moins qu'il n'en soit déjà au stade animal...

 

Il faut vous dire, mes bons lecteurs, que j'ai l'intuition que ce pauvre hère pourrait bien être moi un jour, si les blouses blanches agissent à leur guise sans se poser de questions.

 

Bon... la suite est déjà écrite, mais... la voulez-vous ?

Par medicaland.over-blog.fr
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